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Défi climatique, "positionner l’agriculture comme porteuse de solutions"

De gauche à droite : Hervé Lapie (FRSEA Grand-Est), Guillaume Gauthier (FNB), Xavier Lerond (Interbev Grand-Est), Joël Limouzin (FNSEA), Pascale Gaillot (Conseil Régional) et Ghislain de Viron (CNIEL). Photo : A.Legendre
De gauche à droite : Hervé Lapie (FRSEA Grand-Est), Guillaume Gauthier (FNB), Xavier Lerond (Interbev Grand-Est), Joël Limouzin (FNSEA), Pascale Gaillot (Conseil Régional) et Ghislain de Viron (CNIEL). Photo : A.Legendre

Dans le cadre du salon Agrimax, la FNSEA organisait le 29 octobre une conférence sur le défi que représente le changement climatique pour l’agriculture. L’occasion de revenir sur des constats, mais surtout de présenter des pistes de réflexion.

« Oui, l’agriculture contribue au réchauffement climatique. Elle représente 17 % des émissions de gaz à effets de serre en France, introduisait Hervé Lapie, président de la FRSEA Grand-Est, lors d’une conférence le 29 octobre, dans le cadre du salon Agrimax. Il nous faut réfléchir à de nombreuses questions telles que : comment arriver à la neutralité carbone, ou comment se passer d’énergie fossile ? Toutefois, l’agriculture peut aussi être source de solutions pour le climat. C’est pourquoi nous avons décidé de faire de notre rapport d’orientation 2020 un livre, et de le partager au plus grand nombre. Il est plus qu’un rapport d’orientation, il contient aussi des pistes de solutions », ajoutait-il, en présentant l’ouvrage de cent-cinquante pages, alternant textes et graphiques, constats et solutions.

De la même manière que dans le livre, les intervenants de la conférence ont commencé par rappeler des constats : l’agriculture est très touchée par les effets des changements climatiques. Les épisodes extrêmes, de sécheresse ou d’excès d’eau se multiplient, et « le fond des calamités agricoles, où les agriculteurs et l’Etat abondent pour moitié, à cent vingt millions d’euros chacun, ne suffit plus », expliquait Joël Limouzin, membre du bureau de la FNSEA, en charge du dossier gestion des risques. « Nous avons dorénavant besoin d’une politique d’investissements partagée entre différents acteurs : l’état, la région, les agriculteurs mais aussi les assureurs. Des travaux sont en cours pour obtenir des offres assurantielles pour toutes les filières, avec un cahier des charges filière par filière d’ici 2023 », indiquait-il. Toutefois, si les assurances peuvent tenter de pallier les effets des aléas climatiques sur le revenu, « la meilleure assurance, reste le stock fourrager pour les éleveurs », rappelait Ghislain de Viron, président du collège producteur du CNIEL.

Performance climatique et économique vont de paire

Face au changement climatique, « nous devons adapter nos bâtiments, nos animaux et nos végétaux. Mais nous ne devons pas seulement nous adapter, nous devons atténuer ce changement climatique, en changeant nos pratiques », ajoutait-il. Un constat partagé par le président d’Interbev Grand-Est, Xavier Lerond : « Réduire l’empreinte carbone passe par la technique : le vêlage à deux ans, réduire les pertes, augmenter l’autonomie. Il faut aussi reconnaître la nécessité des prairies, notamment permanentes, pour stocker du carbone, gérer les excès d’eau des fleuves ». L’herbe est en effet une solution pour améliorer l’autonomie protéique des exploitations. En plus des gains économiques potentiellement obtenus grâce à une meilleure performance, « les efforts consentis pourront être valorisés par la commercialisation de crédits carbones, via France Carbon Agri », ajoutait le président d’Interbev Grand-Est.